Révolution imminente, et après ?

Depuis des siècles paraît imminent l’instant, si vivement attendu,

instabilité éternelle.

Succès et catastrophes encore entremêlés

permettent malgré tout d’espérer sur la crête.

 

Il n’y aura pas d’anarchie immédiate,

toutes et tous le savent ou feignent de l’ignorer.

 

D’abord, améliorer les conditions sociales de chacune et chacun.

D’abord conquérir la liberté et en imposer le respect.

 

Et après ?

 

D’après Errico Malatesta, « Autour de ‘notre’ anarchisme », 1924

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Vent de révolte

Lassitude persistante dans le cœur, malgré les rayons de soleil chaleureux, malgré un air de journée riante, malgré une vie somme toute agréable.

Mais on en a assez. Assez du lever quotidien, assez de la routine des transports en commun, assez de la privation de liberté.

Le vent enfoui se révolte, il crie son impuissance. Il veut sortir, il veut s’exprimer, mais on le tient enseveli sous une croûte de poussière solidifiée. Il a beau tempêter, exprimer son désaccord, il y a longtemps qu’on a cessé de lui prêter attention.

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La révolution

Révolution par la parole. Écho des luttes et des souffrances. La caractéristique de la lutte, c’est qu’elle ne faiblit jamais. En apparence, oui. Quand on baisse les armes on envoie à l’oppresseur le message qu’il a gagné. Pourtant, baisser les armes n’a jamais voulu dire arrêter de lutter. L’intellect ne se soumet pas. La parole sert à capter de nouveaux adeptes. La révolution que l’on fait en parlant.

L’autre ne ploiera pas sous les coups. Jamais. Il faut donc le convaincre, consacrer toute sa logique et sa rhétorique à le séduire. Manipulation de la pensée pour parvenir à ses fins. Manipulation acceptable et non détestable.

Ceux dont l’engagement ne se fait que par la parole ne se sentent pas toujours légitimes. Culpabilité de ne pas être un grand révolutionnaire. Cette image nette et kaki. L’arme au poing, le cri sur les lèvres. Toujours en mouvement. Le « vrai » révolutionnaire n’attend pas que le combat vienne à lui, il va le chercher. Pourtant les deux figures ne sont guère différentes. La parole est une arme, c’est ce que l’on dit souvent.