Grève générale

Pour une révolution sociale radicale, nous voulons la grève générale,

arme de lutte puissante.

Dans l’ombre, les fourmis préparent l’insurrection.

Elles fomentent,

placent et comptent leurs munitions.

 

Le Marxisme, ses dogmes et son fatalisme, a freiné l’impulsion initiale.

Par sa faute, une préparation insurrectionnelle négligée, des stratégies insatisfaisantes à repenser.

Pour vaincre, nous n’affamerons pas la bourgeoisie,

nous n’avons besoin que d’armes, que les soldats défendent le peuple contre la police,

que la force soit l’outil de la liberté.

 

Liberté de tous et toutes,

Justice pour tous et toutes,

Fraternité et solidarité entre tous et toutes

 

Une grève générale pour faire grandir l’insurrection.

 

D’après Errico Malatesta, « La grève générale », 1922

 
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La méthode anarchiste

Les législateurs, qui toujours veulent en faire plus.

Une sévérité sans pareille, mais la loi ne peut rien contre le vice.

Danger.

Fruit défendu.

Appât du gain.

Cesse de faire confiance aux lois et tu verras, tout ira bien.

Nous sommes pour le libre commerce, la libre utilisation. Le monde LIBRE.

Contre un usage nocif, il faut arracher les causes sociales à la racine.

Mais au moins plus de bénéfices ni spéculation.

Pourquoi ne pas essayer la méthode anarchiste ?

D’après Errico Malatesta, « Le danger de la cocaïne », 1922.

 

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Insurrection

Camarade, le moment est bientôt venu du renversement violent des institutions.

C’est une révolution profonde qui se prépare, une révolution radicale, expropriatrice, une révolution immédiate.

Garde-toi du mandat parlementaire, c’est un leurre. Nombreuses, les promesses jamais tenues. Le bureau des députés sent la poussière.

Calmez-vous ! Nous disent-ils, les socialistes. Ils se préparent dans leurs costumes-cravates. Ils réforment, ils se glissent.

Aux anarchistes la discipline révolutionnaire ! À eux les armes, à eux la complicité des masses !

Nous mettrons dans l’impossibilité de nuire celles et ceux qui organisent la défense de l’ordre bourgeois.

D’après Errico Malatesta « Action et discipline », 1920.

 

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Servitude volontaire

Jusqu’à présent, elle avait toujours regardé cela de loin. Les gens pouvaient bien dire et faire ce qu’ils voulaient tant qu’ils n’essayaient pas de régenter sa vie à elle. Après tout s’ils voulaient se rendre esclaves et qu’ils en étaient heureux, elle ne voyait pas bien ce qu’elle pouvait y faire. Et puis les discours dans son entourage s’étaient faits plus virulents. Les dirigeants essayaient de prendre des mesures pour que les gens comme elle rentrent dans le rang. En somme il avait bien fallu qu’elle s’intéresse aux raisons qui les poussaient à vouloir à tout prix être insatisfaits de leur vie.

Elle avait donc ouvert ses yeux et ses oreilles, écouté des témoignages et essayé de contre-attaquer. Elle ne laissait plus passer aucun argument illogique. Elle argumentait, passait du temps à essayer de montrer à ses interlocuteurs qu’à se laisser exploiter ils construisaient leur propre malheur. Pourtant il était difficile de les faire changer d’avis. Elle se sentait par moments démunie. Pour elle, à qui l’idée de construire son bonheur sans contraintes semblait une évidence, il était difficile de comprendre comment autour d’elle les gens n’étaient pas plus convaincus.

Ils avaient construit leur vie selon un modèle trop profondément ancré pour pouvoir le remettre en question. Peut-être était-ce peine perdue. Pourtant, elle ne voulait pas renoncer. Comment les abandonner à leur servitude sans essayer de lutter ? Elle ne pouvait s’y résoudre. Elle était devenue militante.

Les anarchistes

Il a une voix douce et apaisante. Les mots sont clairs et précis lorsqu’ils sortent de sa bouche. Il n’a que le bac. Les études supérieures ne lui convenaient pas. Pourtant c’est un puits de science. Il sait beaucoup de choses sur de nombreux sujets. La politique surtout. Il est anarchiste. Il a lu la pensée libertaire, seul, et y a puisé ses règles de vie. Elle est fascinée par ce savoir. Elle, multi-diplômée qui commence juste à percevoir les biais de pensée inhérents aux différents canaux de formation de l’esprit. Elle réalise à quel point sa pensée critique et analytique a été formatée. Elle essaye de déconstruire cela. Elle est d’autant plus attirée par lui qui ne connaît pas ce formatage.

Elle le regarde et l’écoute avec admiration. Ils sont très différents, mais ils ont une sensibilité commune. Il ne perçoit pas son admiration. Trop assuré de ses propres lacunes il est surpris de l’intérêt qu’il suscite. Il ne voit pas à quel point elle est prête à se nourrir de sa pensée. Par curiosité intellectuelle et fascination. Ils se connaissent à peine. Une rencontre qui aurait pu ne jamais survenir. Dès les premières minutes elle a su qu’elle était amoureuse. « Amoureuse » c’est le mot qu’elle emploie pour figurer l’émotion suscitée en elle par les autres. Régulièrement elle se sent émue par des gens au point qu’elle voudrait faire partie de leur vie. Un ogre qui se nourrit d’eux.