L’impatience des corps

L’impatience des corps nus, ils veulent s’absorber tout entiers.

Des heures d’attente fébrile pour pouvoir se toucher.

Langue humide contre langue, vouloir goûter le sel de la peau dans l’effort.

Il attend à la gare, le sourire dans les yeux. Cette retenue en public, hors le regard amoureux.

L’étreinte forte, impatiente. Un premier baiser encore et encore.

Photo by Giuseppe Argenziano on Unsplash

Un réveil

Elle s’est réveillée avant lui, la lumière du jour baigne la chambre.

Elle l’attend. Elle se force à ne pas trop bouger pour ne pas le réveiller. Toutes les nuits qu’ils passent ensemble, il tombe comme une pierre et pourrait faire un tour de cadrant.

Au bout d’un moment, lassée de prendre son mal en patience, elle attrape un livre pour lire tout contre lui. Elle se presse contre son corps chaud. C’est comme si elle ressentait le besoin de le toucher à chaque instant. Une caresse, une étreinte, un baiser, une jambe posée sur son genou. N’importe quoi qui maintienne le contact, comme s’il lui manquait quelque chose quand leurs peaux ne se touchent pas.

Photo by Annie Spratt on Unsplash

L’amoureuse

L’amoureuse se sent pleine. Non pas qu’elle se sentait vide avant, mais elle est comblée par des petits riens.

Elle se demande comment on peut être une amoureuse qui ne s’oublie pas, une amoureuse qui n’a jamais été aussi forte et indépendante que depuis qu’elle est regardée avec des yeux amoureux.

Elle est intensément plongée dans la relation, c’est comme une expérimentation.

Photo by Milos Tonchevski on Unsplash

Ivresse

Cette sensation d’amour et de plénitude, qui se répand tout autant dans le cœur que dans le sexe. L’envie de se rouler l’un sur l’autre, de s’embrasser à en avoir les lèvres gercées, de se lécher l’intégralité du corps.

Un amour charnel, dont l’appétit grandit encore et encore.

C’est l’ivresse.

Photo by Jana Sabeth on Unsplash

Les amoureux

Ils n’ont pas eu besoin d’apprendre à se dire « je t’aime », tant sont venus les mots naturellement. Désormais, ils les disent et les entendent avec délice, les yeux fermés, sentant cette vague de plaisir monter en eux ou, les yeux ouverts, plongés l’un dans l’autre.

Il n’y a pas de proximité trop grande. L’amour qu’ils se portent a besoin d’un emboîtement total et fréquent. Respirer ensemble, gémir ensemble, jouir ensemble.

Photo by Marco Bianchetti on Unsplash

Dans le sable

Étendues de blancs et de bleus distincts, couleurs tranchées et vives, qui chauffent sous le soleil.

Deux corps nus allongés sur le sable, l’un contre l’autre.

Ils se sont construits un abri au ras du sol pour échapper aux brûlures, mais le vent les agresse. Les grains de sable projetés sur leurs peaux sont autant de petites aiguilles.

Par moment, les corps se meuvent pour tremper un orteil dans l’étendue liquide. Glacée, la mer les repousse avec détermination. Qu’importe, on peut toujours aller faire l’amour dans les dunes.

Sueur contre sueur, sel contre sel.

En gare

Ils se sont retrouvés dans le tumulte de la gare. La bousculade sur le quai l’a entraînée vers lui en même temps que la sortie. Lorsqu’ils se remarquent enfin, que leurs yeux se croisent, un sourire s’étale comme une tache sur leurs visages. Leur baiser, au milieu de la cohue, arrête le temps.

Photo by Michał Parzuchowski on Unsplash

Balade au jardin

Au loin, des coups de fusil peut-être. Ils ponctuent le bruissement des jardins et le chant des oiseaux. À force de répétitions, le son devient intolérable. On voudrait décréter son interdiction pour pouvoir arpenter les allées odorantes en paix.

Promenade d’amoureux, qui, à chaque pas, s’arrêtent au milieu des rhododendrons pour échanger des baisers. Quand ils se regardent, leurs sourires affluent de toutes parts. Ce sont des prunelles qui pétillent, des dents qui brillent, des rides qui se creusent.

Le temps amoureux est suspendu. Il se passe deux heures quand on ne perçoit qu’une longue minute emplie de mots doux et de caresses.

Je suis un chat

Je suis un chat. Un chat agile qui se roule sur le dos en étirant les pattes, qui expose ainsi la vulnérabilité de son ventre à l’humain qui partage son lit. Je m’abandonne dans ces roulades. Je joue, malicieux, avec le corps allongé à côté du mien. Je me recroqueville, je me colle et je me frotte. Je m’efforce de laisser mon odeur tout autour de moi, que l’autre ne puisse plus rien toucher sans sentir le vestige de ma présence.

Je suis un chat qui parfois sort les griffes. Calme et passif au premier abord, je me redresse vivement et je mords. Mon impétuosité réserve toujours des surprises.

Je suis un chat en demande de caresses, câlin, collant parfois. Ce chat d’appartement, qui a abandonné sa sauvagerie sous un plaid en pilou.

Photo by rawpixel on Unsplash