Chemin quotidien

Reprendre le chemin de la solitude, celle du quotidien sale, usé, celle dont on ne veut plus.

Il faut encore supporter les mêmes chemins, partager ses bactéries avec les autres. La foule, sans remède à la solitude existentielle.

Quotidien, même routine, les rails qui filent. Le transit permanent, barres d’immeubles en construction. Des bâtiments coupés nets. Cette laide beauté, la poésie partout dans les friches industrielles.

Photo by Dan Bøțan on Unsplash

Parenthèse rituelle

Ils ont dansé un rituel, de l’eau dégoutte encore devant les fenêtres.

Ils se sont tous levés plus tard que d’habitude dans la maison silencieuse.

Dans le poêle, les cendres ont refroidi.

Ils sont habités de glace et se tiennent recroquevillés sous les couvertures, serrés les uns contre les autres.

C’est le dernier jour de la parenthèse.

Fin

La fin des amitiés, qui se restructurent. La tristesse du temps révolu.

Idées noires qui tourbillonnent. On sait que les scénarios que l’on imagine gagnent en réalité à force d’être convoqués. Le drame au bout de la langue, prêt à jaillir, à terminer l’histoire.

La fin des liens forts, remplacés par d’autres. Mais rien ne se noue sur les traces laissées par les anciens. Il reste les bandes moins bronzées de l’absence.

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Humidité

L’humidité stagne dans l’air, s’accroche à tout. Le froid, sournoisement s’insinue dans les chairs.

Ils se recroquevillent les uns et les unes contre les autres, près du poêle. Les discussions tantôt s’animent, tantôt s’éteignent.

Toutes et tous sous des manteaux, sous des plaids, ils regardent passer l’automne.

Photo by Nathan Dumlao on Unsplash

La randonnée

L’horizon est bouché, toutes les couleurs se sont agglomérées entre elles. La profondeur a disparu au point que l’on pourrait presque toucher les pentes de la montagne à l’horizon.

Dans l’atmosphère, une petite pluie fine et statique. Les gouttelettes créent un rideau qu’il faut fendre en avançant.

Quelle idée d’avoir lancé cette randonnée, vraiment ?!

Les nuages sont bas et serrés, mais commencent à percer au loin des éclats de lumière aveuglante.

« Ça va se dégager ! » dit-elle en criant.

Il faut porter la voix pour se faire entendre dans cette purée de poix.

Photo by Scott Ogle on Unsplash

Une danse

Caresse sur la peau. La main glisse sur la cuisse, le genou, revient. Du bout de l’orteil, des cercles concentriques. Une glissade vers l’avant, presque une chute.

Le corps prend toute sa dimension, on ne le reconnaît plus. Presque immense dans l’extension et puis le repli, le mouvement intérieur doux.

Une danse immobile, introvertie.

Photo by Cassandre Boyer on Unsplash

L’excursion

Ils ont voulu se réfugier dans le calme de la nature. Ils ont grimpé sur des cailloux à flanc de montagne, ils ont enjambé les anciennes voies romaines et ils sont tombés nez à nez face aux cavernes. Les vieilles maisons de la montagne aux façades polies par le vent et la pluie, aux murs éboulés.

Ils ont glissé sur les marches lisses des nombreux passages, mais une fois arrivés au sommet : la foule.