Rayon de soleil

Un rayon de soleil et un morceau de violoncelle. Température hésitante entre le froid et le chaud.

Assise dans le train, elle a découvert légèrement sa gorge, art subtil de ne pas trop laisser le champ libre à l’air, tout en s’offrant une fenêtre de rafraîchissement.

C’est de ces journées où on ne sait pas comment s’habiller. L’envie de froid qui s’est installée sur les réseaux, ne s’accorde pas avec la météo.

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Mélancolie

Le ciel pleure sur moi. Le gris aimé donne envie de se lover dans un cocon de chaleur.

Tout sauf le froid des murs de métal, les courants d’air glacial.

Cette brique et cette pierre chaudes qui se dressent contre les nuages d’orage.

Il fait presque nuit. C’est l’obscurité du jour.

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Jour de colère

La colère n’arrive pas à la quitter. C’est comme si elle avait élu domicile dans son cœur pour de bon.

Il ne tient qu’à elle de lui dire au revoir, comme elle le ferait avec n’importe quelle relation toxique. Et pourtant, elle ne le fait pas.

C’est comme si elle était addict à cette sensation grouillante à l’intérieur d’elle-même.

Si elle laisse partir la colère, que se passera-t-il ? Pourra-t-elle encore saisir les bords de son identité ?

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Bonne nouvelle

La libération, comme un coup de massue sur la tête. On ne s’était pas rendu compte du stress avant que celui-ci s’envole brutalement.

Le soulagement est palpable, l’euphorie suit la bonne nouvelle.

Cette libération qu’on ne croyait plus possible est comme un cadeau de non anniversaire.

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Bain de minuit

Elles se sont baignées à minuit sur un coup de tête. Elles sont sorties des vagues en grelottant de froid et ont dû partager leur serviette.

Sur la nappe noire de l’eau, la lune, très haute dans le ciel, crée des ondulations de lumière.

Loin derrière la plage, les hautes maisons à colombages se dressent majestueuses. Il semble maintenant qu’elles abritent toutes un tueur en série obsédé par les jeunes filles en fleurs.

Elles grelottent autant de froid que de peur en remontant les escaliers de pierre, à peine éclairées par la lueur des réverbères. Et puis, enfin dans la sécurité des murs, elles rient.

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Décrocher

Il faut décrocher, il n’y a plus le choix. Il faut mettre le cerveau en sourdine et partir. Partir là où toutes les pensées envahissantes ne pourront pas suivre.

Il faut décrocher pour survivre. Le risque de sombrer augmente chaque jour. Les signes avant-coureurs ne peuvent plus être ignorés.

Il faut décrocher et vivre. Quelles autres possibilités reste-t-il ?

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Vent de révolte

Lassitude persistante dans le cœur, malgré les rayons de soleil chaleureux, malgré un air de journée riante, malgré une vie somme toute agréable.

Mais on en a assez. Assez du lever quotidien, assez de la routine des transports en commun, assez de la privation de liberté.

Le vent enfoui se révolte, il crie son impuissance. Il veut sortir, il veut s’exprimer, mais on le tient enseveli sous une croûte de poussière solidifiée. Il a beau tempêter, exprimer son désaccord, il y a longtemps qu’on a cessé de lui prêter attention.

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Surmenage

Il y a le surmenage, les pensées parasites, le travail, qui occupent tout l’esprit. Les quelques quartiers restés libres sont tous consacrés à la survie.

Chaque matin est un peu plus difficile, un peu plus creusé. Quand le réveil sonne, il fait nuit.

Le temps consacré à la création pourrait facilement sauter tant la fatigue pèse sur les paupières. Il faut sortir de l’engrenage, il faut renoncer au confort pour la liberté.

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Mauvaise nuit

Nuit de cauchemars. Toutes les angoisses qui se manifestent en même temps, le signal pour dire « Non, n’y va pas », « Change de vie, celle-ci ne te convient pas ».

Au réveil, les yeux sont rouges d’avoir remué derrière les paupières.

On voudrait répondre à l’injonction, continuer sa nuit, changer de vie, mais il n’est pas encore temps d’activer le plan.

Bientôt. Il faut tenir encore un peu, mais les derniers mètres sont toujours les plus difficiles.

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Fatigue

Son manque de confiance en elle est tel, qu’elle est incapable de prendre ses propres décisions. Elle appelle des piliers, qui la conseillent et qui la valident, pour être sûre de bien faire.

Elle les épuise. Toujours les mêmes problématiques, les mêmes histoires abracadabrantes, les mêmes fantasmes, jamais avoués à leurs objets.

Elle fatigue. Elle pompe l’énergie de ses amis, qui s’éloignent petit à petit.

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