Intuition

Une intuition qui ne ment pas.

Fidèle sens aiguisé par des années de pratique.

Les antennes dressées, attentives et prêtes à dire.

Une intuition que l’on suit, tout le reste fermé,

La porte qui s’ouvre sur l’intime.

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Il aime

Il aime sans jamais cesser. Toujours à la fin des livres, il garde des pages blanches, ouvertes au cas où.

Parfois il aime tant qu’il s’en brûle les entrailles.

Il regarde, amoureux et craintif, le sujet de son désir qui ne le lui rend pas.

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Curiosité

Des étincelles dans les yeux. Il faut apprendre à faire, apprendre à savoir. Apprendre toujours.

Il a les sourcils froncés, concentré. Les pages s’enchaînent sur le petit écran de son téléphone. Son esprit est comme une puce qui saute d’un cheveu à un autre. Il est insatiable, il faut toujours explorer.

Sa curiosité n’a pas de limite. Creuser encore un peu plus, chercher les réponses des questions en suspens.

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L’amoureux

Il la regarde et réalise la chance qu’il a. Son aura brille, autour d’elle : elle est à l’aise, décidée. Il goûte les moments qu’elle lui offre avec la crainte qu’ils seront peut-être les derniers.

Elle papillonne, vit des expériences. Il reste à la marge, il ne veut pas la déranger. Son bien-être et sa liberté avant tout le reste. Par moments, il grappille des miettes. C’est ça ou rien.

L’idée qu’elle puisse s’éloigner, qu’elle puisse se lasser le terrifie. Et si elle ouvrait les yeux et le trouvait vide ?

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Chemin quotidien

Reprendre le chemin de la solitude, celle du quotidien sale, usé, celle dont on ne veut plus.

Il faut encore supporter les mêmes chemins, partager ses bactéries avec les autres. La foule, sans remède à la solitude existentielle.

Quotidien, même routine, les rails qui filent. Le transit permanent, barres d’immeubles en construction. Des bâtiments coupés nets. Cette laide beauté, la poésie partout dans les friches industrielles.

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Fin

La fin des amitiés, qui se restructurent. La tristesse du temps révolu.

Idées noires qui tourbillonnent. On sait que les scénarios que l’on imagine gagnent en réalité à force d’être convoqués. Le drame au bout de la langue, prêt à jaillir, à terminer l’histoire.

La fin des liens forts, remplacés par d’autres. Mais rien ne se noue sur les traces laissées par les anciens. Il reste les bandes moins bronzées de l’absence.

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La randonnée

L’horizon est bouché, toutes les couleurs se sont agglomérées entre elles. La profondeur a disparu au point que l’on pourrait presque toucher les pentes de la montagne à l’horizon.

Dans l’atmosphère, une petite pluie fine et statique. Les gouttelettes créent un rideau qu’il faut fendre en avançant.

Quelle idée d’avoir lancé cette randonnée, vraiment ?!

Les nuages sont bas et serrés, mais commencent à percer au loin des éclats de lumière aveuglante.

« Ça va se dégager ! » dit-elle en criant.

Il faut porter la voix pour se faire entendre dans cette purée de poix.

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Une danse

Caresse sur la peau. La main glisse sur la cuisse, le genou, revient. Du bout de l’orteil, des cercles concentriques. Une glissade vers l’avant, presque une chute.

Le corps prend toute sa dimension, on ne le reconnaît plus. Presque immense dans l’extension et puis le repli, le mouvement intérieur doux.

Une danse immobile, introvertie.

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