Propagande par l’exemple

Misère et ruine dans toute l’Europe,

et le monde entier.

Les larmes de tout l’argent amassé

par les capitalistes, prétendus philanthropes.

 

La révolution pacificatrice attendue, peine à trouver sa voie,

les forces manquent.

Cette dignité absente, la liberté, ne se conquiert, dit-on, qu’au moyen de sacrifices cruels,

de souffrances indicibles.

 

N’exagérons pas.

 

Car le bien-être matériel des pauvres est une donnée du combat.

Pas d’insurrection sans pain et sans toit,

pas de propagande sans l’exemple de chacune et chacun, anarchistes fervents,

et leur humaine indulgence.

 

N’attendre des autres que ce que l’on fait déjà.

 

D’après Errico Malatesta, « La nouvelle crise », 1922 et « Idéalisme et matérialisme », 1924

Photo by Markus Spiske on Unsplash 

Ceux qui nous dominent

Ces gens qui nous dominent, dont on ne parvient pas à détruire l’oppression.

Lâches et fanfarons, dictateurs en puissance,

ils font déjà couler des larmes de sang un peu partout.

Ombre du fascisme, qui grandit lentement.

Les temps sont tristes et inquiétants.

Les anarchistes vaincus ? Impuissants ?

Au contraire, toujours vaillants, ils luttent pour empêcher les fascistes de devenir les plus forts.

Et toujours l’espoir inébranlable d’une inéluctable insurrection.

Lutter pour empêcher, coûte que coûte, qu’une classe, un parti ou un individu n’impose sa volonté aux autres par la force. Mettre hors d’état de nuire ceux dont les dégâts sont une humiliation permanente causée à notre nature d’êtres humains.

Nous ne voulons pas de leurs méthodes. Elles ne sont bonnes qu’aux tyrans.

D’après Errico Malatesta, « Mussolini au pouvoir », 1922 et « Pour la prochaine insurrection », 1923

Photo by Lisa del Arte on Unsplash

Contre l’inaction

Après des semaines d’une grève acharnée par des travailleurs héroïques, la victoire à portée de main, le syndicat a trahi. Appel à la démobilisation générale.

Les anarchistes, avec tout leur courage et leur esprit de sacrifice ne peuvent que s’émouvoir, crier au scandale et à la félonie.

Toujours prêtes et prêts les anarchistes à s’associer au combat, à grossir les rangs, mais ils n’initient pas le mouvement. Assez nombreux sont-ils pourtant.

Contre l’impuissance et l’inaction, les anarchistes doivent allumer la mèche.

Comment faire front, ensemble, contre cet État complice des fascistes ?

Comment mettre à terre, par l’individuel et le collectif, le pouvoir abusif ?

 

D’après Errico Malatesta, « Pour demain », 1922.

Photo by chloe s. on Unsplash 

Printemps

L’hiver est passé vite, le bleu s’est emparé du ciel.

Les arbustes éclatent déjà de fleurs, les oiseaux chantent les uns pour les autres à l’ombre des branches encore nues.

Calmes matins de paresse, on se laisse vivre tant qu’on en a l’occasion.

Le futur a cessé de s’inviter dans le présent, son horizon s’étire, s’étire encore. Incertain, bouché, terne. Il faut jouir, ici et maintenant.

Photo by Nikhil kumar on Unsplash

Grève générale

Pour une révolution sociale radicale, nous voulons la grève générale,

arme de lutte puissante.

Dans l’ombre, les fourmis préparent l’insurrection.

Elles fomentent,

placent et comptent leurs munitions.

 

Le Marxisme, ses dogmes et son fatalisme, a freiné l’impulsion initiale.

Par sa faute, une préparation insurrectionnelle négligée, des stratégies insatisfaisantes à repenser.

Pour vaincre, nous n’affamerons pas la bourgeoisie,

nous n’avons besoin que d’armes, que les soldats défendent le peuple contre la police,

que la force soit l’outil de la liberté.

 

Liberté de tous et toutes,

Justice pour tous et toutes,

Fraternité et solidarité entre tous et toutes

 

Une grève générale pour faire grandir l’insurrection.

 

D’après Errico Malatesta, « La grève générale », 1922

 
Photo by Austrian National Library on Unsplash

La méthode anarchiste

Les législateurs, qui toujours veulent en faire plus.

Une sévérité sans pareille, mais la loi ne peut rien contre le vice.

Danger.

Fruit défendu.

Appât du gain.

Cesse de faire confiance aux lois et tu verras, tout ira bien.

Nous sommes pour le libre commerce, la libre utilisation. Le monde LIBRE.

Contre un usage nocif, il faut arracher les causes sociales à la racine.

Mais au moins plus de bénéfices ni spéculation.

Pourquoi ne pas essayer la méthode anarchiste ?

D’après Errico Malatesta, « Le danger de la cocaïne », 1922.

 

 Photo by Tarik Haiga on Unsplash

Ses bras

Il veut les envelopper dans son amour, celles et ceux qu’il aime. Ses bras comme un cocon.

Ses bras terre d’accueil, solides. On y déverse les doutes et les tensions.

Son corps chapiteau, qui protège de la pluie et des maux.

Photo by M.T ElGassier on Unsplash

Insurrection

Camarade, le moment est bientôt venu du renversement violent des institutions.

C’est une révolution profonde qui se prépare, une révolution radicale, expropriatrice, une révolution immédiate.

Garde-toi du mandat parlementaire, c’est un leurre. Nombreuses, les promesses jamais tenues. Le bureau des députés sent la poussière.

Calmez-vous ! Nous disent-ils, les socialistes. Ils se préparent dans leurs costumes-cravates. Ils réforment, ils se glissent.

Aux anarchistes la discipline révolutionnaire ! À eux les armes, à eux la complicité des masses !

Nous mettrons dans l’impossibilité de nuire celles et ceux qui organisent la défense de l’ordre bourgeois.

D’après Errico Malatesta « Action et discipline », 1920.

 

Photo by Miguel Bruna on Unsplash

En 2019, j’ai écrit un roman

En 2019, j’ai terminé le 1er jet d’un roman. La dernière fois que c’était arrivé, on était en 2005 ou 2006, j’avais 19 ou 20 ans et j’avais enfin terminé laborieusement la rédaction d’un roman qui m’occupait depuis mes 16/17 ans.

En février 2019, j’ai décidé d’abandonner ma thèse en 4e année. Après une 3e année très difficile financièrement et moralement, j’ai regardé en face comment se présentait ma dernière année, mon année de rédaction, et je me suis dit très clairement : « Je n’ai pas envie de consacrer 2019 à l’écriture de cette thèse. Je n’ai pas envie d’arrêter de vivre pour ce projet qui ne me ressemble pas. »

Alors j’ai arrêté. Sans regret. Jamais par la suite je n’ai eu envie de remettre le nez dans mes recherches pour les poursuivre différemment, hors du système académique. Je suis passée à autre chose du jour au lendemain.

En février 2019, j’ai repris l’écriture d’un roman commencé en mars 2018, dont 15 pages avaient été écrites et que j’avais laissé en pause depuis. Je me suis fixée comme objectif d’en avoir terminé le 1er jet au 31 décembre 2019. J’ai installé une routine d’écriture quotidienne : même une phrase, même 5 minutes, juste quelques mots pour rester connectée au projet. Ne pas se relire, en tout cas ne surtout pas commencer à se corriger, mais continuer, avancer et dérouler l’histoire que je devais sortir de ma tête.

Les deux derniers jours de 2019 ont été intenses, j’étais en retard. Finalement j’ai terminé le 1er jet de ce roman le 1er janvier 2020, dans le TGV de retour de vacances. J’estime que la mission est remplie.

Entre mon premier roman terminé et mon deuxième il y a une quantité de projets commencés et abandonnés, une quantité d’errances. En 2019 j’ai appris ce que cela implique de devenir écrivaine. En 2019 j’étais enfin prête.

Je dis « terminé » mais ce n’est bien sûr pas exact. Après un mois et demi de repos, il faudra reprendre ce 1er jet, y apporter des corrections, le faire relire à des bêta-lecteurs ou lectrices et y apporter à nouveau des corrections. Ensuite seulement j’essayerai de le faire publier.

En 2020, je deviens une écrivaine. J’y consacre la majorité de mon énergie, je me donne les moyens de réaliser l’ambition de la petite fille de dix ans. J’ai quand même perdu beaucoup de temps, ça ne peut plus attendre, ça ne peut plus être remis à plus tard.

En 2020, je ne sais pas ce que va devenir le Papyrophile. La proposition artistique initiale doit se renouveler pour continuer de m’intéresser. Pour l’instant je ne sais pas ce qu’elle va devenir. Comment faire vivre les premiers textes à peine lus ? Comment leur donner une dimension nouvelle ? Comment exploiter la masse d’archives qu’ils représentent ? Je n’ai pas encore réussi à répondre à ces questions.

En 2020, j’espère que vous serez heureuses et heureux et que vous mettrez de la poésie dans votre vie.

Intuition

Une intuition qui ne ment pas.

Fidèle sens aiguisé par des années de pratique.

Les antennes dressées, attentives et prêtes à dire.

Une intuition que l’on suit, tout le reste fermé,

La porte qui s’ouvre sur l’intime.

Photo by JR Korpa on Unsplash