Intuition

Une intuition qui ne ment pas.

Fidèle sens aiguisé par des années de pratique.

Les antennes dressées, attentives et prêtes à dire.

Une intuition que l’on suit, tout le reste fermé,

La porte qui s’ouvre sur l’intime.

Photo by JR Korpa on Unsplash


Il aime

Il aime sans jamais cesser. Toujours à la fin des livres, il garde des pages blanches, ouvertes au cas où.

Parfois il aime tant qu’il s’en brûle les entrailles.

Il regarde, amoureux et craintif, le sujet de son désir qui ne le lui rend pas.

Photo by frank mckenna on Unsplash

Curiosité

Des étincelles dans les yeux. Il faut apprendre à faire, apprendre à savoir. Apprendre toujours.

Il a les sourcils froncés, concentré. Les pages s’enchaînent sur le petit écran de son téléphone. Son esprit est comme une puce qui saute d’un cheveu à un autre. Il est insatiable, il faut toujours explorer.

Sa curiosité n’a pas de limite. Creuser encore un peu plus, chercher les réponses des questions en suspens.

Photo by Joseph Rosales on Unsplash

L’amoureux

Il la regarde et réalise la chance qu’il a. Son aura brille, autour d’elle : elle est à l’aise, décidée. Il goûte les moments qu’elle lui offre avec la crainte qu’ils seront peut-être les derniers.

Elle papillonne, vit des expériences. Il reste à la marge, il ne veut pas la déranger. Son bien-être et sa liberté avant tout le reste. Par moments, il grappille des miettes. C’est ça ou rien.

L’idée qu’elle puisse s’éloigner, qu’elle puisse se lasser le terrifie. Et si elle ouvrait les yeux et le trouvait vide ?

Photo by Allef Vinicius on Unsplash

Un dîner en ville

Un dîner en ville, le monde autour de la table. Rires et discussions collectives, la solitude au fond de la tête.

Un dîner en ville, une génération futile. Lumière accablante, glacée, qui tombe sur les visages, qui marque durement les ombres. La fatigue, la vieillesse prématurée dissimulée à peine par le masque. Bonheur factice.

Enfants du capitalisme, tous autour de la table. Ils oscillent. Aveuglement ou dépression ?

Photo by Kelsey Chance on Unsplash

Chemin quotidien

Reprendre le chemin de la solitude, celle du quotidien sale, usé, celle dont on ne veut plus.

Il faut encore supporter les mêmes chemins, partager ses bactéries avec les autres. La foule, sans remède à la solitude existentielle.

Quotidien, même routine, les rails qui filent. Le transit permanent, barres d’immeubles en construction. Des bâtiments coupés nets. Cette laide beauté, la poésie partout dans les friches industrielles.

Photo by Dan Bøțan on Unsplash

Parenthèse rituelle

Ils ont dansé un rituel, de l’eau dégoutte encore devant les fenêtres.

Ils se sont tous levés plus tard que d’habitude dans la maison silencieuse.

Dans le poêle, les cendres ont refroidi.

Ils sont habités de glace et se tiennent recroquevillés sous les couvertures, serrés les uns contre les autres.

C’est le dernier jour de la parenthèse.

Fin

La fin des amitiés, qui se restructurent. La tristesse du temps révolu.

Idées noires qui tourbillonnent. On sait que les scénarios que l’on imagine gagnent en réalité à force d’être convoqués. Le drame au bout de la langue, prêt à jaillir, à terminer l’histoire.

La fin des liens forts, remplacés par d’autres. Mais rien ne se noue sur les traces laissées par les anciens. Il reste les bandes moins bronzées de l’absence.

Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

Humidité

L’humidité stagne dans l’air, s’accroche à tout. Le froid, sournoisement s’insinue dans les chairs.

Ils se recroquevillent les uns et les unes contre les autres, près du poêle. Les discussions tantôt s’animent, tantôt s’éteignent.

Toutes et tous sous des manteaux, sous des plaids, ils regardent passer l’automne.

Photo by Nathan Dumlao on Unsplash

La randonnée

L’horizon est bouché, toutes les couleurs se sont agglomérées entre elles. La profondeur a disparu au point que l’on pourrait presque toucher les pentes de la montagne à l’horizon.

Dans l’atmosphère, une petite pluie fine et statique. Les gouttelettes créent un rideau qu’il faut fendre en avançant.

Quelle idée d’avoir lancé cette randonnée, vraiment ?!

Les nuages sont bas et serrés, mais commencent à percer au loin des éclats de lumière aveuglante.

« Ça va se dégager ! » dit-elle en criant.

Il faut porter la voix pour se faire entendre dans cette purée de poix.

Photo by Scott Ogle on Unsplash