Le cauchemar

À cinq heures, le cauchemar. La chambre est encore noire, la rue immobile. Il est trop tôt, mais on n’avait pas le choix, il fallait se réveiller. Quand le sommeil n’est plus un refuge, mieux vaut y renoncer. Impossible de se rendormir, on regarde passer les minutes en attendant la sonnerie du réveil. On n’est pas encore de ces gens qui peuvent commencer leur journée à cinq heures du matin, comme si de rien n’était, mais cela viendra peut-être.

En attendant on fuit les filaments du cauchemar. Les résidus font battre les paupières, mais ils s’échappent bien vite, on serait bien en peine de le raconter. Ne reste que l’immobilité du noir, l’attente du jour à venir.

Image : Johann Heinrich Füssli, Le cauchemar, 1781.

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