La céramiste

Elle avait décidé de devenir artisan d’art à quarante ans. Après avoir travaillé dans la communication toute sa carrière, elle avait décidé de changer de vie. Elle ne voulait avoir aucun regret. Travailler de ses mains était une chose qui lui avait toujours fait envie, et puis la vie avait fait qu’elle n’avait pas osé. Mais un beau jour, elle en avait eu assez de vivre pour les autres. Elle avait pris un congé formation, passé son CAP céramiste, et elle s’était installée à son compte.

Beaucoup de ses amis l’en avaient dissuadé au départ. Quand même, elle était bien payée, sa qualité de vie allait baisser. Et puis comment savoir si elle aurait assez de talent pour réussir ? Elle ne doutait pas de son talent et de ses capacités. Elle savait que cela allait être difficile, mais quel était l’intérêt d’une vie sans challenge ?

Il y avait peu de temps qu’elle avait commencé à exercer en tant que céramiste. Les sceptiques de ses amis avaient tous admis que ce qu’elle faisait était joli. Les commandes commençaient à affleurer. Pourtant quelque chose la contrariait. Beaucoup de ses proches ne semblaient pas comprendre qu’elle n’était pas une simple exécutante de leurs idées, qu’elle n’était pas une copiste, qu’enfin le travail d’artisan d’art était un travail créatif où chaque artisan imprimait sa marque et sa personnalité dans ce qu’il créait. Ainsi on lui demandait de reproduire des poteries vues ailleurs sur des stands et jugées trop chères, on lui demandait de réaliser des choses qui ne correspondaient ni à son style, ni à ses goûts. Au début elle n’avait pas osé refuser. Après tout, il fallait bien qu’elle se constitue une clientèle. Mais ces commandes ne lui plaisaient pas et lui faisaient perdre du temps.

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