Humidité

L’humidité stagne dans l’air, s’accroche à tout. Le froid, sournoisement s’insinue dans les chairs.

Ils se recroquevillent les uns et les unes contre les autres, près du poêle. Les discussions tantôt s’animent, tantôt s’éteignent.

Toutes et tous sous des manteaux, sous des plaids, ils regardent passer l’automne.

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La randonnée

L’horizon est bouché, toutes les couleurs se sont agglomérées entre elles. La profondeur a disparu au point que l’on pourrait presque toucher les pentes de la montagne à l’horizon.

Dans l’atmosphère, une petite pluie fine et statique. Les gouttelettes créent un rideau qu’il faut fendre en avançant.

Quelle idée d’avoir lancé cette randonnée, vraiment ?!

Les nuages sont bas et serrés, mais commencent à percer au loin des éclats de lumière aveuglante.

« Ça va se dégager ! » dit-elle en criant.

Il faut porter la voix pour se faire entendre dans cette purée de poix.

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Une danse

Caresse sur la peau. La main glisse sur la cuisse, le genou, revient. Du bout de l’orteil, des cercles concentriques. Une glissade vers l’avant, presque une chute.

Le corps prend toute sa dimension, on ne le reconnaît plus. Presque immense dans l’extension et puis le repli, le mouvement intérieur doux.

Une danse immobile, introvertie.

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L’excursion

Ils ont voulu se réfugier dans le calme de la nature. Ils ont grimpé sur des cailloux à flanc de montagne, ils ont enjambé les anciennes voies romaines et ils sont tombés nez à nez face aux cavernes. Les vieilles maisons de la montagne aux façades polies par le vent et la pluie, aux murs éboulés.

Ils ont glissé sur les marches lisses des nombreux passages, mais une fois arrivés au sommet : la foule.

Du soleil

Dans la maison, le bois gorgé d’humidité automnale craque sous l’effet du soleil. Le ciel est bleu, dégagé des derniers nuages qui l’encombraient. Les rais de lumière dessinent des ombres franches.

Hormis ces bruits indistincts, l’appartement est calme, immobile dans l’attente de son propriétaire.

L’impatience des corps

L’impatience des corps nus, ils veulent s’absorber tout entiers.

Des heures d’attente fébrile pour pouvoir se toucher.

Langue humide contre langue, vouloir goûter le sel de la peau dans l’effort.

Il attend à la gare, le sourire dans les yeux. Cette retenue en public, hors le regard amoureux.

L’étreinte forte, impatiente. Un premier baiser encore et encore.

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Pesanteur

À nouveau, il connaît ce poids sur l’estomac, signe d’angoisse. On lui demande de faire quelque chose qu’il ne veut pas. C’est toujours pareil.

Il commence un nouveau boulot qui l’emballe, il prend ses marques, il donne satisfaction jusqu’à ce que les tâches cachées se révèlent. Elles le rongent. Il sait qu’il ne veut pas les faire et freine autant qu’il peut, mais cette résistance est en elle-même source d’angoisse. Il ne sait pas comment s’en sortir.

Les idées sombres se drapent autour de lui. Il faut prendre une décision, sans quoi elles vont l’engloutir.

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